En ce moment, je trouve la vie un peu difficile. Ne vous en faites surtout pas, j’ai avec moi les meilleurs des remèdes à la mélancolie, je nomme, ma Meute poilue, joueuse, insolente et ronronnante, une tisane selon l’humeur du jour, des sourires amis. Et puis, je mange les couleurs du quotidien.
Manger des couleurs je sais bien que c’est délicat, mais voilà, c’est exactement ça, délicat. Je goûte la morsure du bleu azur pur des matins d’hivers. Je savoure le jaune pâle qui perce sous les nuages argentés. Il y a tellement d’innocence dans l’éclat des couleurs le soir.
Les ocres n’en finissent pas d’habiller les feuilles, l’anthracite profonde de la roche du village voisin m’envoûte, et pourtant parfois, il y a un côté un peu trop déprimant dans ce gris.
Voilà ma palette d’aujourd’hui. Attraper les moments en sachant qu’il n’en restera rien, et se remettre à peindre…
